L'amitié... au sens vrai du terme, quelle(s) définition(s) pouvons nous en donner ? Différentes conceptions sont possibles en fonction, sans doute, du type de personnes qui ont croisé notre chemin d'une part et de ce que nous sommes, de notre caractère, de notre essence d'autre part.
L'amitié est comme l'amour... tant que nous n'avons pas rencontré la véritable amitié, nous sommes persuadés de la connaître avec ce que nous avons autour de nous... alors que bien souvent les « amitiés » que beaucoup possèdent ne sont que de pâles représentations de celle-ci, fades et insipides qui pourraient être bien plus approfondies et apporter ainsi beaucoup plus à chacun.
Pour moi l'amitié consiste surtout en un échange, un pacte tacite entre 2 individus qui se ressemblent et/ou qui se complètent, les points communs favorisant ce que l'on appelle les « atomes crochus ». Ce pacte implique que chacun peut ( et doit) confier certaines choses à l'autre tout en conservant son propre jardin secret. Ces choses sont ce que nous ne disons pas à tout le monde ( des choses gênantes, des choses qui font partie de nous et qui sont difficiles à dire, des choses qui ternissent notre image et dont nous avons honte, des choses immorales, bref des choses intimes et personnels ...) Nous savons que notre ami ne nous jugera pas là-dessus et ces choses, les lui dire nous fait d'une part du bien et nous soulage quelque part parce que nous partageons ce fardeau et nous ne nous sentons plus seul face à lui, et d'autre part ces choses nous révèlent également tels que nous sommes vraiment et nous « expliquent » aux yeux de notre ami. Tout ceci permet la construction d'une amitié durable dont le ciment sera le facteur temps.
Ensuite, pour certains, les déclarations « d'amou-tié », sans qu'elles soient "effusives" pour autant, ou les simples petites paroles délicates telles que « je suis content que tu sois entré dans ma vie », « je suis ravi de te compter parmi mes amis proches » ...ne sont pas nécessaires , ils se cachent derrière des arguments qu'ils se rendent évidents pour mieux en être eux-mêmes convaincus : « bah si c'est mon ami il doit le savoir qu'il compte pour moi, je le vois souvent, je l'appelle, si je l'invite chez moi c'est que c'est mon ami, c'est évident ! » ... on sait tous Ô combien il n'est pas facile de se dévoiler ainsi, même si cela dépend des personnes encore une fois .
Il faut aussi savoir qu'il y a des évidences qui sont, toutefois, tout sauf évidentes... et il faut savoir aussi se faire violence dans la vie pour ne pas passer à côté de choses aussi essentielles que celles ci ! Il faut savoir laisser son c½ur exprimer quelques mots.
De plus, après « recensement » , il me semble qu'il y ait deux types d'ambigüités qui peuvent entraver l'amitié : une ambigüité « sentimentale » (l'un est réellement amoureux de l'autre, la frontière étant mince parfois ...) et/ou une ambigüité « d'incertitude» (l'un se demande ce que l'autre pense vraiment de lui, « est-ce que je compte pour lui autant qu'il compte pour moi ? Est-ce que je lui apporte quelque chose ? Tient-il à notre amitié ? » ) .
Je m'intéresse à l'ambigüité « d'incertitude » .
Autant livrer ses sentiments peut paraître difficile à celui qui n'y arrive pas aisément (difficulté qui se voit bien trop souvent trouver une excuse : « Les lui dire ça ne servirait à rien, de toute façon il doit bien déjà savoir.), autant il est insupportable pour quelqu'un qui se « livre » et se « dévoile » de vivre sans savoir ce qu'un ami pense de lui (et de leur amitié) mais surtout sans savoir ce qui constitue les fondements principaux de cet ami.
Se confier rapproche, parce que « l'amitié a besoin d'être nourrie », au même titre qu'une jolie petite orchidée a besoin d'eau.
Mais pour le bien être de chacun, bien sûr, certaines choses doivent restées secrètes et personnelles, en prenant soin de ne pas non plus se fermer comme une coquille saint jacques, ce qui au final nuirait doublement ; dans le sens qu'une amitié ne peut en tirer profit et végéterait, voire se fanerait, et également dans le sens où ne pas se confier nuit à la santé ...
Certaines petites choses finissent par vous grignoter et ronger l'intérieur à défaut de ne pas avoir été suffisamment extériorisées avec celui qui n'attendait que ça.